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Le bouchage du vin L’objectif principal du bouchage
du vin est d’assurer l’étanchéité de la bouteille et la résistance au
suintement pour éviter les bouteilles "couleuses", tout en respectant
les qualités organoleptiques de celui-ci. C’est une opération complexe qui doit
prendre en compte les paramètres œnologiques, les contraintes d’embouteillage
et d’expédition ainsi que la durée de conservation du vin et le délai de
consommation optimale. Etanche
ne veut pas dire hermétique. En effet, le terme étanche concerne le passage
d’un liquide alors qu’hermétique est adapté aux échanges gazeux or, la relation
du vin avec l’air demande une certaine subtilité dans le processus de bouchage.
Le verre étant totalement hermétique, seul le bouchon sera le lien du vin avec
l’extérieur. À la fois poumon et filtre, il permet la circulation de gaz. Selon
que cet échange est équilibré ou non, le vin vieillira bien ou mal. Un bouchon poreux,
favorise des échanges faciles ce qui active le vieillissement. Une autre caractéristique
attendue d'un bouchon est sa souplesse. Car, après avoir été comprimé lors du
bouchage, il doit « regonfler » pour obturer le goulot de façon bien
étanche. Le
liège qui est étanche, souple et poreux à l'air est le matériau le plus
communément utilisé pour les bouchons. Les
multiples qualités du liège découlent du
fait qu’il s’agit d’un tissu végétal
constitué d’un très grand nombre de micro
cellules, ayant en général une forme polyédrique.
Dans un centimètre cube de
liège, on compte près de 40 millions de cellules. Les
espaces intercellulaires
sont remplis d'un mélange gazeux, identique à celui de
l'air. Les
caractéristiques spéciales du liège sont ainsi
dues à la structure alvéolaire
du tissu subéreux et à la nature de ses membranes
cellulaires. Le composant principal du liège est la subérine,
un mélange insoluble d’acides organiques à partir duquel se forment les parois
des cellules, qui empêche le passage de l’eau et des gaz. Une
planche de liège contient environ 60%
d’éléments gazeux, ce qui explique son
extraordinaire légèreté. Cet
aggloméré
de petites alvéoles est responsable de la compressibilité
inégalable du liège. Simultanément,
grâce à l’imperméabilité que la
subérine donne aux parois d’une cellule de
liège, celle-ci devient hermétique. Le gaz qu’elle
contient ne peut alors plus en
ressortir, ce qui explique l’élasticité et la
mauvaise conductibilité thermique
du tissu subéreux. Il
existe plusieurs types de bouchons en liège. Pour le vin, on utilise de
préférence des bouchons cylindriques et pleins c'est-à-dire composés de liège
massif. Après
un tri sévère, on coupe les planches de liège en lanières de 47 à 48mm de hauteur
(pour fabriquer des bouchons de 45mm). Grâce à un emporte-pièce, on va
« tuber » (à 25mm pour fabriquer des bouchons à 24mm) dans ces
lanières. Le volume du bouchon est créé. Les
bouchons sont alors traités pour être nettoyés. C'est aussi une opération
délicate car il ne doit pas subsister de résidu du produit de nettoyage, sous
peine d'apparition ultérieure de goût faisant penser au goût de bouchon. Les bouchons
peuvent ensuite être marqués puis, recouverts de paraffine ou de silicone avant que les bouteilles ne soient bouchées. Les
experts considèrent qu’il n’y a désormais plus que 1% de bouteilles bouchonnées
ou ayant un goût de bouchon, cela fait quand même sur le marché des vins
de Bordeaux plus de 5 millions de bouteilles qui sont rejetées pour ce défaut. C’est
la principale raison des bouchages alternatifs au liège naturel utilisés
aujourd’hui sur toutes les catégories de vins : liège reconstitué,
bouchons synthétiques, bouchons en verre, capsules à vis. Le
goût de bouchon qui est perçu comme un défaut majeur en général, avec des notes
de moisi, est dû a des molécules naturelles qui contaminent le liège et que
l’on appelle haloanisols et particulièrement le Trichloroanisol communément
appelé TCA. Les
industriels du liège confrontés à ce problème majeur ont beaucoup progressé
dans la prévention de ces contaminations mais le problème est difficile à
éradiquer. Le
Commissariat à l'énergie atomique a inventé une
méthode afin de retirer le TCA du liège
et donc le risque de goût de bouchon du vin. Pour éliminer
le TCA, ils utilisent du CO2 à l'état supercritique. C’est
la technique de production de bouchon aggloméré à partir de poussière de liège,
utilisée aujourd’hui par exemple par la société DIAM-BOUCHAGE. Ce procédé
extrêmement sophistiqué permet de garantir l’absence de TCA bouchon par bouchon
avec également une grande régularité au niveau de l’élasticité et de
l’étanchéité choisie. Les
bouchons synthétiques ont eux aussi la forme des bouchons en liège mais sont
fabriqués à partir de matériaux comme le polyéthylène. Les
bouchons extrudés sont fabriqués comme
un spaghetti de 22 mm de diamètre qui est ensuite coupé afin d'obtenir des
bouchons de longueur standard (ex. de 37 mm ou 43 mm). Ce type de
bouchon a une structure cellulaire proche de celle du liège, que l'on peut
contrôler au microscope pour vérifier l'homogénéité des cellules. Les bouchons
co-extrudés ont une partie externe qui protège la structure cellulaire centrale
et qui contribue à obtenir une élasticité parfaite. La technologie de
l'extrusion permet d’obtenir des bouchons identiques. Par conséquence, la
conservation du vin en bouteille est identique pour un même lot
d’embouteillage. Les
bouchons injectés sont fabriqués dans
un moule, de ce fait ils ont
une structure interne beaucoup moins homogène et les caractéristiques des
bouchons sont beaucoup moins constantes qu'avec l'extrusion. Les
bouchons type VINOVA sont une dernière évolution dans le monde des bouchons
synthétiques. Ils combinent les avantages de l’extrusion et de l’injection. De
ce fait ils ont une structure cellulaire homogène, et ils ont des bouts fermés.
La partie extrusion garantit la constance des paramètres de fabrication tout au
long de la production. Le moulage assure des dimensions précises et un
chanfrein. Les
couleurs de ces bouchons peuvent imiter le liège mais dans beaucoup de pays du
nouveau monde ils prennent souvent des couleurs parfois criardes et
reconnaissables. La
perméabilité de ces bouchons ne permet pas encore d’envisager de longues gardes
en bouteille et ils sont donc réservés aux vins à consommer jeunes qui sont de
toute façon majoritaires sur le marché La technologie évolue tous les jours et
permet de tout imaginer à l’avenir. C'est
un cylindre de verre, cette méthode est souvent utilisée en chimie. Un anneau
d'étanchéité en plastique permet le maintien du bouchon. C’est une présentation
très esthétique mais limitée encore aujourd’hui. Les capsules à vis Certains
producteurs abandonnent l'embouteillage par bouchon en faveur de capsules
vissées. Rappelons que les premières capsules avaient un joint en liège et
étaient principalement destinées aux spiritueux. Les matériaux synthétiques
permettent une étanchéité aujourd’hui contrôlée avec par exemple, une meilleure
porosité à l’oxygène du polyéthylène par rapport au chlorure de polyvinyle. Le choix du
joint est principalement guidé par sa compatibilité avec le vin embouteillé. Il
ya lieu, entre autres facteurs, de prendre en compte la durée de conservation
du vin. Les capsules à vis sont une technologie de bouchage très précise
et sont désormais utilisées pour boucher des grands vins. Seuls les
nostalgiques du tire-bouchon et son caractéristique « plop » à
l’ouverture de la bouteille peuvent critiquer la capsule à vis. L’œnologue
aujourd’hui est capable d’évaluer la qualité du bouchage, d’analyser le bouchon
et de prévoir ainsi la correspondance entre l’objectif produit et le choix
technologique de bouchage. Par l’analyse chimique et les mesures d’humidité,
d’élasticité et de résistance à l’ouverture, on peut choisir un lot de bouchon.
Par la mesure d’oxygène consommé, on peut juger l’herméticité du bouchon et
choisir ainsi son matériau. On est aujourd’hui capable de mesurer dans la
bouteille bouchée, l’oxygène dissous dans le vin et l’oxygène présent dans
l’espace de tête c'est-à-dire dans l’atmosphère entre le vin et le bouchon, ce
qui est particulièrement important avec les capsules à vis. Les
outils modernes des laboratoires doivent venir à bout des déceptions dues au
bouchage avec une homogénéité garantie des bouteilles et une conservation
choisie et contrôlée. Pour
les grands vins que l'on veut conserver longtemps dans les meilleures
conditions, on emploiera obligatoirement des bouchons de première qualité. |
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