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Conseils oenologiques, Vinifications 2010
Le
bon raisin au bon moment Les contrôles de maturité doivent être
réalisés et enregistrés par ilot cultural avec un suivi au minimum des degrés
potentiels et des analyses spécifiques permettant de conforter l’indispensable
dégustation des baies. Le millésime 2010 sera technique pour
beaucoup de raisons. La floraison a été perturbée par des alternances de
journées fraiches et humides, ce qui a entrainé parfois de la coulure sur les
Merlots. Un été sec avec des nuits fraiches a facilité la protection du
vignoble et surtout la concentration des raisins et la production de
polyphénols. La richesse en anthocyanes est un des secrets des grands vins de
Bordeaux et la récolte qui vient devrait tenir ses promesses. Les
mesures réalisées à ce jour donnent une
assez forte hétérogénéité et les
habitudes de vendanges par parcelle seront perturbées.
Avant de se lancer dans une récolte toujours dans le même
ordre des ilots
culturaux, il faudra bien analyser leur avancement de maturité,
parfois
inversé. Par exemple, il faut surveiller les Cabernets en
même temps que les
Merlots, certains pouvant être récoltés avant les
autres.
Récolte,
transport et tri de la vendange
Le tri à la parcelle permet de ne transporter
que du raisin sain. Le tri dans le cuvier nécessite plus de précautions au
cours du transport de la vendange qui doit alors être protégée (bâche, CO2). Réception
de la vendange
Nettoyage
du premier jus Le premier jus libéré au cours de la récolte,
du transport ou de la mise en cuve des raisins, est en général un jus de
lessivage du raisin qu’il est préférable d’éliminer ou de clarifier. Pour cela
on récupère le jus des bennes ou celui qui coule immédiatement après la mise en
cuve et on le met à décanter une nuit avant de le réincorporer dans la
vinification. On élimine ainsi beaucoup de souillures du raisin et en
particulier la terre. Ce jus délicat et souvent très sucré n’est pas adapté à
la production d’un rosé de saignée ou d’un clairet de qualité. Fermentation
alcoolique Le sulfitage du moût permet de stopper la
multiplication de micro-organismes sans intérêt œnologique et consommateurs d’éléments
nécessaires à la levure. L'utilisation de levures sèches actives (LSA) facilite
la maîtrise de la fermentation (départ contrôlé, choix de la souche en fonction
de ses aptitudes œnologiques). La réussite de l'implantation dépend de la phase
de réhydratation qui doit être soignée (suivre précisément le protocole du
fournisseur). Le suivi régulier de la température et de la densité permet de
réaliser des courbes de fermentation permettant le contrôles et la prévention
de risques d’altération. Apports
d’Azote Pour une bonne fermentation, la levure doit
trouver dans le moût les éléments nécessaires à sa croissance et sa survie. Un
apport d'activateurs de fermentation, notamment d'azote assimilable, sera souvent
nécessaire cette année, les premières analyses montrant des déficits importants.
L'apport d'azote s'effectue en une seule fois (début de fermentation), ou en
deux fois (au levurage et après départ en fermentation). Il existe aujourd’hui
des formes variées d’apport d’azote à privilégier, notamment à base d’extraits
naturels de levures riches en facteurs de croissance et de survie. La teneur en
azote assimilable du moût se détermine par l’analyse. Le contrôle de l’azote
assimilable se fera de préférence sur le raisin juste avant la récolte ou au
dernier contrôle de maturité. Aération
En début de fermentation, la levure a besoin
d'oxygène pour assurer sa survie. Cet apport peut se faire par remontages aérés
ou par apport d’oxygène pur. Les aérations en fermentation ne présentent à
cette période aucun risque d'oxydation pour le vin car le milieu est alors
fortement réducteur. Saignée C’est un moyen simple pour concentrer la
vendange. Elle se pratique peu de temps après le remontage d’homogénéisation. Elle
se raisonne parcelle par parcelle et suivant le poids des baies et l’objectif
de production. En 2010 les baies sont particulièrement petites et la saignée
devra être prudemment envisagée. Maîtrise
des températures Elle permet de prévenir les arrêts de
fermentation (suite à des températures trop élevées qui peuvent tuer les
levures) et prolonger la durée de fermentation, période favorable à un travail
plus important du vin (moins sensible à l’oxygène). Un contrôle strict de la
température en début de fermentation permet d’augmenter le temps de macération
des mouts partiellement fermentés, ce qui est profitable à l’extraction en
phase aqueuse de la bonne matière colorante et des arômes. Les modifications de
température doivent s’effectuer de manière douce, préventive et continue. Remontages Les remontages en début de fermentation favorisent
l’extraction des composés de la pellicule (précurseurs d’arômes, tanins et
anthocyanes). L’action du SO2 et de la température est déterminante. En cours de
fermentation, le délitement des pellicules favorise les polymérisations entre
tanins et les liaisons entre tanins et anthocyanes. Les remontages peuvent être modulés selon la
maturité phénolique des raisins. Pour les vendanges de maturité phénolique plus
faible, les remontages sont à privilégier en début de fermentation, pour
limiter l’extraction violente facilitée par la présence croissante d’alcool. Les délestages permettent de très bonnes
extractions par séparation du moût du chapeau et pompage dans une autre cuve.
Ils se pratiquent de préférence en début de fermentation et permettent une extraction
optimale. Macération
pré-fermentaire à froid Cette technique permet de dissocier dans le
temps l’extraction des anthocyanes (avant FA) et celles des tanins (qui se fait
surtout en présence d’alcool). Elle est à pratiquer uniquement pour les vendanges
saines et mûres. Elle impose d’atteindre rapidement une température inférieure
à 10°C pour empêcher tout développement microbien pendant une durée suffisante
(plusieurs jours). Pour des températures supérieures, le levurage doit se faire
à l’encuvage pour prendre la place de la flore indigène indésirable. Utilisation
d’Enzymes Les enzymes facilitent l’extraction de la
couleur et la clarification des moûts et des vins. Leur utilisation se raisonne
selon plusieurs critères : activité spécifique, température, temps de
contact et dose d’emploi. Les enzymes doivent être incorporées le plus tôt
possible pour un temps de contact maximal. Ils permettent également un
rendement en jus de goutte plus élevé qui est un gain technique et économique
particulièrement intéressant. Ecoulage
– pressurage La cuvaison se contrôle par la dégustation
régulière des moûts. Il faut soigner cette dégustation : température de
l’échantillon, soin du prélèvement, conditions de dégustation. La décision
d’écoulage se fait essentiellement par l’analyse (bilan complet) et la
dégustation. L’origine des raisins et leur potentiel sont également
déterminants pour orienter les écoulages et les premiers assemblages. Attention,
les pompes à vendange ne sont pas des pompes à marcs et triturent trop la
vendange fermentée. Les vins de presses gagnent souvent à être clarifiés
précocement. Fermentation
malolactique Pour favoriser le bon départ de la
fermentation malolactique, il faut éviter le refroidissement du vin. La
fermentation malolactique est aujourd’hui maitrisée par l’ensemencement avec
une bactérie choisie. Cette inoculation peut être réalisée précocement, en fin
de fermentation alcoolique ou à l’écoulage et permettra d’améliorer la netteté
des vins et de prévenir le développement de levures de contamination comme les
Brettanomycès. Ces itinéraires particulièrement techniques
sont à définir avec votre Œnologue-Conseil. |
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