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Le vin en barrique Le
fût a été développé par les Celtes (mais on préfèrera dire « les
Gaulois ») comme objet de transport ou de conservation des liquides. De nombreux
bois ont été utilisés pour la tonnellerie : frêne, aulne, hêtre, pin,
peuplier et même palétuvier. Mais, peu à peu, le chêne, le châtaignier et, dans
une moindre mesure, l’acacia, se sont avérés les plus intéressants. En effet,
ils sont capables d’améliorer les qualités des vins et des eaux-de-vie. Le choix de la barrique La
notion d’espèce de chêne est une caractéristique importante à prendre en compte
car en lien direct avec la notion de « grain ». Le bois de chêne est naturellement
aromatique. Il faut signaler que la réglementation n’impose pas le chêne pour
faire des barriques alors que les morceaux de bois utilisés en œnologie sont
obligatoirement issus de chêne merrain. Les opérations de chauffe, qui
interviennent au cours de la fabrication d'une barrique, peuvent modifier
fortement sa composition en substances volatiles odorantes, susceptibles d'être
cédées au vin et par la même d’influer sur ses caractéristiques organoleptiques.
Cette chauffe n'est techniquement nécessaire que pour faciliter le cintrage des
douelles car la lignine, principal composant responsable des propriétés
plastiques du bois, est très facilement modelable à la chaleur. La technique
traditionnelle en tonnellerie est le cintrage au feu de bois avec
humidification superficielle. La reproductibilité des chauffes pratiquées par
un même tonnelier constitue son savoir-faire. Les fermentations en
barrique Aujourd’hui,
nombre de vignerons font le choix d’effectuer les fermentations de certains de
leurs vins rouges en fût de chêne, comme cela se pratique avec les grands vins
blancs, notamment à base de sémillon qui donne de très bons vins de garde ou
certains grands liquoreux. Cela permet de mieux fondre les tanins et les arômes
du bois dans les vins tout en augmentant les arômes grillés. Le coût de cette
pratique limite malgré tout son utilisation. La
vinification ou l’écoulage en barrique des vins rouges pour y réaliser la
fermentation malolactique a un intérêt sur le profil aromatique du vin fini
aussi discutable que la macération pré fermentaire à froid. Cependant, c’est un
entonnage précoce qui entraîne une durée d’élevage à 18°C ou plus, de presque 6
mois, lorsqu’arrivent l’époque des dégustations en primeur, contre 3 mois pour
l’élevage traditionnel à 10 °C. Le profil aromatique du vin s’en trouve, à ce
moment là, flatté par des arômes boisés plébiscités par la critique. Le
résultat après 12 ou 18 mois parait bien moins marqué. L’élevage en barrique L’utilisation
des barriques est un itinéraire technique couteux et difficile à maîtriser. Les
cuvées réussies seront le fruit de plusieurs années d’exigences et d’expériences
partagées à la dégustation avec son Œnologue-Conseil. Le but est d’obtenir un
équilibre entre les caractères organoleptiques provenant des raisins et les
apports aromatiques et tanniques de la barrique. Selon le cépage, les
caractéristiques du millésime, le type de barriques utilisées, le temps de
contact entre le vin et le bois, et le moment où l’on incorpore le vin dans la
barrique, on obtient des résultats très différents. Une
mauvaise gestion de l’usage de la barrique conduit à
donner des vins décharnés,
déséquilibrés, souvent trop marqué par le
bois. Le suivi régulier à la
dégustation permet de limiter les excès. En effet, la
durée excessive de
l’élevage peut être un problème aussi,
limiter une durée d’élevage sous bois à
6 ou 9 mois est parfois la clé de la réussite d’une
cuvée. Les apports aromatiques de
la barrique Il
faut le reconnaitre, la barrique modifie le goût des vins, mais elle apporte
ainsi une complexité aromatique et des constituants souvent indispensables à
une bonne aptitude au vieillissement. L’extraction des ellagitanins est
maximale après 3 ou 4 mois mais leur teneur dans le vin diminue ensuite
progressivement. On
connaît un certain nombre de composés odorants qui proviennent des barriques de
chêne : •
la Vanilline : aldéhyde aromatique issu de la dégradation de la lignine,
principal responsable des notes vanillées caractéristiques des vins vieillis en
fût de chêne. •
la Whisky lactone : spécifique des arômes du chêne notamment d’origine
américaine, elle présente une odeur de bois de noix de coco. •
l’Eugénol : issu de la dégradation de la lignine, il possède une odeur
caractéristique de clou de girofle. La technique de
chauffe est très importante car elle conditionne l’apparition de nouveaux composés
volatils à caractère grillé/caramel. Leur teneur augmente avec l’intensité de
la chauffe qui dans le même temps, réduit la quantité d’ellagitanins. Lorsque qu’elle
est légère, les nuances dominantes sont grillées et vanillées. Avec une chauffe
moyenne les notes fumées, épicées, empyreumatiques apparaissent. Et avec une
chauffe forte, ce sont les caractères brûlé et fumé
qui dominent. La barrique récipient La
porosité et la perméabilité du bois permettent des échanges entre le milieu
ambiant, le bois lui-même et le vin. Une oxygénation lente et continue grâce à
la pénétration de l’air par le trou de la bonde, par les joints entre les
douelles et à travers le bois, favorise l’assouplissement des tanins et la
stabilisation de la couleur, souvent plus intense. La
barrique est également un récipient de stockage pratique à déplacer et capable de limiter les variations de
température préjudiciables à la qualité finale du vin. C’est aussi, de part sa
forme, un très efficace moyen de clarification naturelle car la sédimentation
des dépôts est facilitée et leur séparation par soutirage est encore
aujourd’hui un travail de chai fondamental, tout en restant un geste ancestral. Du
bon usage de la barrique Barriques neuves La
mise en service des barriques s’effectue sans préparation préalable. Toutefois,
un rinçage à l’eau est souhaitable, surtout si les fonds n’ont pas été
chauffés, car cela permet l’élimination des derniers tanins amers. Il faut les remplir
avec de l’eau sulfitée à 20g/hl (50 cl de solution à 10% par barrique d’eau)
pendant 48 heures. La
porosité et la présence d’oxygène dans les douelles neuves entrainent une
surconsommation de dioxyde de soufre et la surveillance et le maintien du
SO2actif à des niveaux souhaitables demande une vigilance accrue dans les
barriques neuves. Les composants du bois provoquent une augmentation de
l’acidité volatile au cours de l’élevage de 0,1 à 0,2. Cette évolution est
normale et ne traduit pas une contamination bactérienne. Durée de vie L’utilisation
de barriques usagées demande une hygiène rigoureuse si
l’on veut être à l’abri
d’accidents microbiologiques. Les barriques vidées sont
obligatoirement lavées,
désinfectées à la vapeur pendant plus de 5
minutes, rincées, égouttées et
séchées
avant d’être méchées. Une barrique ne peut servir utilement
qu’à 3 vins, soit une durée de vie qui ne dépasse pas 4 ou 5 ans. Durant les 2
premières années, on notera sans conteste un apport important en composés
aromatiques : vanilline, eugénol, lactones à l’origine des nuances d’épices et
de vanille. Pour ce qui est des années suivantes, on peut toujours compter sur une bonne
capacité d’oxygénation mais les composés aromatiques ont majoritairement
disparus. Au delà de 5 ans d’utilisation, le vin profite toujours de l'élevage
en petits contenants (sédimentation, inertie thermique) mais le processus
d'oxydation ménagée est diminué par un colmatage important et un risque accru
de contamination. Quelques procédés de régénération, qui
consistent notamment en un nettoyage en profondeur du bois, peuvent permettre
une utilisation supplémentaire de 2ans au plus. |
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