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La mise en bouteille Le rôle de
la mise en bouteille est clair : protéger les qualités du vin le plus longtemps
possible afin de garantir au consommateur le plaisir qu’il escompte. Depuis 1997,
la réglementation rend l’embouteilleur responsable de la salubrité de ses vins
mis en bouteilles. Cette opération doit donc être soigneusement préparée. La préparation du vin Le vin doit
être parfaitement limpide et brillant et exempt de dépôts dont l’acheteur ne
comprendrait pas la présence. Nous avons vu dans d’autres chapitres la
stabilisation du vin contre les précipitations de toutes sortes :
protéines, matière colorante ou cristaux. L’objectif à ce stade sera d’éliminer
tous les microorganismes susceptibles de se développer en bouteille et
d’altérer ultérieurement la limpidité et le gout : ce sont des bactéries
et des levures. Pour lutter contre les bactéries, on peut utiliser des
conservateurs comme les sulfites, mais pour les levures il faut les éliminer
par filtration ou traitement spécifique. Les risques mineurs de trouble en
bouteille seront évités par l’utilisation de gomme arabique qui est un colloïde
protecteur d’origine naturelle car extrait de l’acacia. La meilleure
utilisation des gommes consiste à les injecter avec une pompe doseuse après la
filtration finale. La filtration La
filtration avant la mise en bouteille est essentielle si l’on souhaite
présenter au consommateur de vins limpides et éviter des déviations
organoleptiques suite à des développements de microorganismes qui n’ont pas été
éliminés. Si la
filtration est effectuée sur des vins correctement préparés, notamment par
collage, avec des produits filtrants de qualité en évitant la dissolution
d’oxygène, elle n’appauvrit pas le vin, contrairement aux croyances injustement
répandues. La palette
de filtration ou le filtre à plaque exigent une hygiène parfaite. Pour les
utilisateurs de filtre à plaques, il est nécessaire avant chaque opération de
filtration, de rincer à froid, nettoyer et désinfecter avec un détergent type
alcalin chloré. On peut aussi procéder à un nettoyage par détartrage à la soude
suivi d’une stérilisation la vapeur. L’eau potable filtrée sur 0,45 µm est très
souvent utilisée pour nettoyer et désinfecter la rinceuse et la tireuse,
complétée par l’emploi de produits d’hygiène. A noter que la vapeur d’eau ne
nettoie pas mais permet seulement une stérilisation des circuits machines. Il
est important de contrôler l’absence de résidus de détergent en fin de rinçage
(utilisation du papier pH, tests colorimétriques
spécifiques).Trop souvent, les capacités de montée en température sont faibles
et les volumes d’eau sont insuffisants. Pour une stérilisation efficace, il
faut se maintenir à 90 °C sortie tireuse pendant 30 minutes. Le matériel de tirage Le Guide des
Bonnes Pratiques d’Hygiène recommande de rincer les bouteilles neuves à l’eau
potable avec un temps d’égouttage minimum de 4 secondes. La tireuse doit faire
l’objet d’un réglage au niveau des têtes de tirage. Ce réglage correct garantit
le niveau de remplissage souhaité. Il est très important de mettre en bouteille
un vin dont la température aura été remontée à au moins 15°C pour faciliter ces
réglages et éviter des manipulations préjudiciables à sa qualité lorsqu’il est
froid. Trop souvent, les bouteilles sont stockées dehors, ce qui provoque un
choc thermique avec des incidences sur le niveau de remplissage et les
caractéristiques gustatives du vin. Le rinçage des bouteilles évite ce problème
l’été. La tireuse est le point le plus sensible, sa complexité en fait une
source privilégiée de contamination et de dissolution d’oxygène indésirable. Sur la
boucheuse, il faut contrôler le diamètre de compression en compressant quelques
bouchons pendant 30 secondes dans la machine à l’arrêt .La présence de plis sur
la longueur du bouchon indiquera des mors de serrage défectueux avec risque de
bouteille couleuse. L’inertage de l’espace de tête qui est le creux entre le
vin et le bouchon, est une piste de progrès importante dans la vie du vin en
bouteille. L’hygiène et la sécurité Lorsque les
derniers réglages sont terminés, le circuit doit être aviné avec le vin à
mettre en bouteille. Le vin pousse l’eau résiduelle qui est dans le circuit de
tirage. En général, il est recommandé de remplir une fois le circuit et d’éliminer
le premier tour de bouteille. Quand la mise est terminée, il faut déjà penser à
la prochaine par l’application du plan d’hygiène. La compétence et la sécurité
du personnel font autant partie de la réussite du chantier de mise que la
conformité du matériel. Toutes les opérations doivent être enregistrées dans un
suivi sanitaire comme outil de traçabilité. Le choix des matières sèches La bouteille Le choix de
la bouteille en verre s’impose autant pour protéger le vin que pour séduire le
consommateur. Le verre possède une étanchéité absolue aux gaz et constitue une
barrière contre les agressions extérieures. De plus c’est un matériau
recyclable. A la réception des bouteilles, il faut vérifier l’état général de la palette,
housses déchirées, bouteilles, liens ou semelles de palettes cassées,… autant
de points de détails qui peuvent représenter un risque alimentaire (débris de
verre, résidus d’eau stagnante, corps étrangers) et donc un préjudice
commercial. Les contrôles portent sur l’aspect des bouteilles, la capacité et
les caractéristiques dimensionnelles (bague CETIE) par rapport au cahier des charges.
Les bouteilles à bas prix ont souvent une bague régulière d’à peine 16mm de
long et l’intérieur irrégulier du goulot ne permettra pas une bonne qualité de
bouchage. Celà peut poser des problèmes de coulure ou de défaut d’étanchéité
dommageable. Les bouteilles sont idéalement stockées quelques jours avant la
mise, dans un local séparé du lieu d’embouteillage à une température voisine de
celle du vin. Le bouchon Le bouchon
de liège est le plus répandu et le plus connu pour les vins tranquilles. C’est
un matériau naturel et donc par définition soumis à des variations que les
bouchonniers tentent de standardiser. Il existe une grande variété de bouchons
augmentée par la diversité des fabricants et le choix en est rendu difficile. L’approche
économique du bouchage est complexe et réclame une bonne maitrise technique. Il
existe des analyses complexes de constitution, des mesures, d’humidité, d’élasticité
et de force d’extraction. Pour cela, la Chambre d’Agriculture à Blanquefort
possède une cellule qualité bouchage permettant une aide objective dans le
choix des bouchons. Pour limiter les gouts de « bouchon » pouvant
avoir pour origine le liège naturel, on voit apparaitre des bouchons
techniques, soit en liège reconstitué, très performants, soit en liège
possédant un embout « technique » au contact du vin, soit entièrement
en matériau synthétique qui sont souvent une très bonne alternative à des
bouchons de qualité (et de prix) inférieure. Le bouchage
à vis Le bouchon métallique à vis existe depuis longtemps pour les vins doux
naturels, les apéritifs et les spiritueux. Cet obturateur est aujourd’hui
principalement utilisé pour les petites bouteilles ou les vins à
commercialisation rapide et pour sa facilité de
débouchage et rebouchage. Il faut l’avouer, c’est le bouchage le plus
étanche et le plus régulier qui existe et le travail réalisé sur le joint
d’étanchéité permet désormais de conditionner des vins de garde dans ces
bouteilles à vis. Le seul frein à ce bouchage très performant reste la disparition
du tire bouchon et son irremplaçable « plop » à l’ouverture, bruit
intemporel qui contribue grandement aux premiers plaisirs de la future
dégustation. |
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