|
Hygiene et nettoyage en oenologie Avec la succession récente
des différents scandales et crises qui ont remué l'agroalimentaire, la maîtrise
de la sécurité alimentaire est devenue incontournable pour les entreprises
viticoles. Pour cela, elles disposent de deux moyens : la maîtrise des opérations
d'hygiène et l'application de la méthode normalisée HACCP (analyse des dangers
et détermination des points critiques en vue de leur maîtrise). L’hygiène Le vin est un produit de
consommation humaine directe, en général pour le plus grand plaisir. Mais c’est
un aussi un produit alimentaire qui doit convaincre et surtout rassurer son
consommateur. Est-ce que l’on mange dans une assiette qui n’a pas été nettoyée,
est-ce que l’on boit dans un verre déjà utilisé par quelqu’un d’autre? La
réponse est à la libre appréciation de chacun mais en général on réclame
naturellement un minimum de propreté et d’hygiène.En matière d’œnologie, c’est
pareil, chaque fois qu’on utilisera une machine à nouveau, une autre cuve, une
autre pompe ou un autre tuyau, pourquoi ne pas le laver et le désinfecter? La
question posée comme cela a déjà sa réponse mais dans la réalité du chai,
est-ce bien le cas ? Dans une goutte de vin en fermentation il ya des dizaines de
millions de levures vivantes. On imagine facilement la contamination que représente une cagette
non nettoyée, un tuyau ou une pompe non rincée et encore plus une machine à
vendanger, exposée à l’air et au soleil et extrêmement difficile d’accès au
nettoyage. Plus le génie œnologique évolue, plus les machines sont
sophistiquées et moins elles sont nettoyables. L’hygiène élémentaire est
parfois oubliée des évolutions technologiques. Le nettoyage Avant de désinfecter et pour que
la désinfection soit efficace, il faut nettoyer. De la même manière que l’on
n’imagine pas un lavage des mains efficace à l’eau sans savon, le nettoyage
doit se faire avec un détergent approprié. La solution détergente mouille le
support et s'adsorbe sur celui-ci. Lorsque le tensioactif est suffisamment
concentré, les molécules de détergent enrobent les souillures qui peuvent alors
se détacher de leur support. La dispersion de la souillure et la séparation dans la
solution détergente sont facilitées par l'emploi du brossage ou de la circulation du
liquide de nettoyage et ensuite sous pression de rinçage à l’eau. L’utilisation d’eau
chaude facilite le rinçage et l’élimination des « savons ». La nature
des détergents est très variée, ce sont des acides ou des bases, des sels
minéraux, des agents oxydants, des séquestrants, des dispersants, des enzymes
ou des agents tensioactifs. Les acides minéraux servent
essentiellement à dissoudre les dépôts minéraux résultant du contact du support
avec le moût ou le vin. Il s'agit des acides phosphorique, nitrique, chlorhydrique,
sulfurique et sulfamique. Les bases permettent d'éliminer la
souillure en la solubilisant et en la désagrégeant. La soude est le principal
composant des détergents alcalins forts. La potasse et
l’ammoniaque sont moins employées. Les alcanolamines sont utilisées sous
forme libre dans les détergents à pH faiblement alcalin et ont un pouvoir
corrosif plus faible que la soude. Les sels minéraux (phosphates, carbonates,
silicates, aluminosilicates, citrate de sodium) sont utilisés pour améliorer les
performances des détergents en inactivant les ions responsables de la dureté de
l'eau, soit par séquestration, soit par échange d'ions. Les agents oxydants renforcent la
détergence. Il s'agit de l'hypochlorite de sodium (connu
sous le nom d’eau de javel) qui génère de l'oxygène actif, du phosphate trisodique
chloré et d'autres composés organiques générateurs de chlore. Les séquestrants sont des composés
organiques multifonctionnels qui ont la propriété de fixer les ions
alcalino-terreux (responsables de la dureté de l'eau) et les métaux, évitant
ainsi leur précipitation ou leur dépôt sur les surfaces. Les dispersants évitent la formation de
dépôt de tartre dû à la dureté de l'eau ou à la présence de souillures
calciques qui forment souvent des auréoles blanches sur la surface des
matériaux comme l’inox. Les enzymes agissent en tant que catalyseur
et peuvent permettre des réactions très spécifiques dans des conditions douces.
Les plus utilisées sont des protéases et des lipases. Les tensioactifs permettent d’améliorer le
mouillant et l’efficacité des autres produits détergents. On le
voit, l’arsenal de produits de nettoyage est important et, utilisé en
complément de l’eau chaude, doit permettre un nettoyage parfait. La désinfection La majorité des produits
de nettoyage ne désinfectent pas et sont inactifs sur les levures, bactéries ou
moisissures contaminantes. Le résultat de la désinfection est limité aux
micro-organismes présents au moment de l'opération. Il est donc préférable
d'effectuer la désinfection au dernier moment avant réutilisation des
équipements de chai ou de conditionnement. L’air ambiant contient suffisamment
de microorganismes pour contaminer rapidement le matériel désinfecté. Les produits désinfectants
utilisables en industrie agro-alimentaire, doivent être exclusivement
constitués à partir des matières actives autorisées. Cette liste positive
comprend plusieurs dizaines de matières actives, réparties en plusieurs
familles chimiques. L'extrait de javel
(hypochlorite de sodium à 12,5% de chlore actif) et les dérivés chlorés ont une
action très dépendante de la
température, de la lumière et du taux de matière organique et doivent par
conséquent être utilisés sur des surfaces dépourvues de souillures c’est-à-dire
après nettoyage. La crainte actuelle est la formation de dérivés chlorés
entrainant une contamination à caractère moisi mais si les produits chlorés
sont efficacement rincés et le local correctement ventilé, ces produits restent
les plus efficaces pour éliminer les bactéries. L'acide peracétique est en
général en solution de 2 à 5%. Il s'agit d'un acide fort, d'un puissant oxydant
et donc très réactif. Il est inutilisable sur certains caoutchoucs, sur ciment,
ciment verre et est déconseillé sur les aciers revêtus. Le formaldéhyde est un gaz
incolore. Sa stabilité n'est assurée qu’à des pH de 3 à 9, ce qui rend
impossible son utilisation avec les oxydants et alcalins forts. Il est facile
d’utilisation et intéressant pour la désinfection d’ambiance. Le glutaraldéhyde possède
un large spectre d'action (bactéries, levures, moisissures et formes
sporulées). Il est souvent associé avec les ammoniums quaternaires. Les guanidines ont une
efficacité antimicrobienne limitée mais pas de pouvoir corrosif. Des gaz oxydants forts
comme l’ozone sont peu utilisés en œnologie mais très efficaces en désinfection
et sans résidus et l’oxygène négatif obtenu par ionisation de l’air doit faire
ses preuves. Un tableau récapitulatif
de toutes les matières actives est proposé afin d’adapter le produit aux
matériaux et aux surfaces à traiter. L'idée d'associer en une même étape la
désinfection et le nettoyage paraît très séduisante, ne serait-ce qu'au niveau de l'économie
de temps de produit et d'eau. L'efficacité combinée implique la stabilité de la
formulation et l'absence d'interaction entre les matières actives, ce qui est
délicat à mettre en œuvre. Désinfectant et détergent doivent ainsi être
efficaces dans la même gamme de pH et il est essentiel de ne pas mélanger un
détergent alcalin avec un désinfectant acide et inversement.
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
[Accueil]
- [News]
- [Les
Missions] - [Historique]
- [Les
moyens]- [Contacts]
- [Liens
Utiles] - [Accès
Adhérents] |