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BRETTANOMYCÈS : la guerre est
déclarée
Editorial de Denis Galabert Il est fréquent d’entendre dire : « Cette histoire de vins phénolés, c’est un truc d’œnologue » ou encore : « Il y a des gens qui aiment ça » et même : « C’est l’expression du terroir ». Soyons clairs, s’il est vrai qu’un consommateur ne saura pas dire pourquoi, il se détournera et ne rachètera pas un vin qui ne lui aura pas apporté de plaisir. D’autant plus, si par ailleurs, il a eu l’occasion de goûter des vins plus fruités, plus faciles à boire, bien nets et tout simplement plaisants. En effet, l’amateur de vin ne sait exprimer que sa préférence. Il n’a que faire des levures de contaminations du genre Brettanomyces bruxellensis qui produisent des phénols volatils responsables de déviation gustatives. Mais, le risque est bien réel de le perdre comme acheteur si on ne prévient pas ces altérations. Pourquoi le consommateur n’aime pas les vins phénolés
Vers la fin de la fermentation alcoolique, ces levures vont diminuer en nombre jusqu’à disparaître à l’achèvement des sucres. A ce moment précis, s’il n’y a pas dans le milieu des bactéries lactiques capables de démarrer aussitôt la fermentation malolactique, ce seront les Brettanomyces qui combleront ce « vide microbiologique ». Il faut noter qu’elles n’ont besoin pour se développer que d’une infime quantité de sucre et de nutriment. De plus, des apports tardifs de thiamine, réalisés pour stimuler une fermentation languissante sont susceptibles de leur être favorables. On conseillera donc de déclencher la fermentation malolactique au moyen d’un levain de bactéries sélectionnées qui prendront la place des levures de la fermentation alcoolique avant une très préjudiciable contamination. Pour cela, on utilise de plus en plus la technique de co-inoculation ou d’inoculation précoce qui permet l’implantation de bactéries lactiques avant la fin de la fermentation alcoolique pour ne pas laisser cette fenêtre entre les deux fermentations souhaitées. Bien sûr, ces techniques demandent à être appliquées avec rigueur et vigilance. Il faut donc soigner l’hygiène et suivre la population présente de Brettanomyces, en les comptant par la méthode de la PCR quantitative, proposée dans les laboratoires modernes. Une analyse d’échantillon, prélevé en fond de barrique ou de cuve, tous les 2 mois, renseigne sur le danger potentiel et permet ainsi de prévenir toute déviation dans les lots identifiés à risque. Pour limiter les populations présentes, de simples opérations de clarification par soutirage suffisent parfois pour éliminer 90% de ces levures. Si ce n’est pas suffisant, un moyen très efficace, ancien et toujours d’actualité : le collage peut à lui seul éliminer 99% d’une population importante sans avoir recours à la filtration ou à la pasteurisation. |
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